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date. 2020

extrait : série de 10 et cinq photographies cartels

L.E.A. série photographique. art.
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La série photographique « Liquids Enjoying Attachments » explore avec délicatesse les thèmes de l’intimité, du sentiment amoureux, de la rencontre et de la sexualité féminine. Elle se compose de cinq diptyques accompagnés d’un cartel photographique, qui ne se contente pas d’expliquer l’image mais en prolonge la narration.

Sur chaque « duel », le regard se pose sur des draps de lit d’un blanc immaculé, marqués par les traces laissées naturellement par les corps qui les ont habités. Ceux-ci ouvrent un espace de projection universel : ils suggèrent l’intimité féminine, la sensualité et la légitimité du désir lesbien sans jamais le montrer frontalement. Les plis et les courbes du tissu dessinent, par un jeu subtil de lumière et de composition, des formes évoquant la vulve. Cette abstraction du corps par le textile invite à une contemplation à la fois pudique et troublante, où la suggestion prime sur la représentation littérale. Le choix du blanc, couleur de pureté et de neutralité, crée une toile de fond qui magnifie les détails et les textures, tout en laissant place à l’imaginaire du spectateur.

Ce choix esthétique fait écho à la libération des représentations de la sexualité féminine, longtemps marquées par des stéréotypes et désormais reconnue comme légitime, plurielle et source de plaisir. Les draps, supports de l’intime, deviennent le théâtre visuel de la rencontre et du désir, mais aussi de la mémoire des corps et des gestes partagés.

Les cartels, quant à eux, opèrent à un autre niveau. Ils ne sont pas de simples légendes ou explications, mais des photographies à part entière qui documentent la trace concrète d’une rencontre intime. Ils matérialisent la mémoire d’un moment partagé, rendant visible l’histoire singulière entre deux femmes. Là où les images de draps parlent de potentiel et d’universel, les cartels inscrivent l’amour lesbien dans une réalité vécue, incarnée et assumée. Ils témoignent de la présence, de l’attachement et de la persistance du sentiment amoureux, tout en affirmant la légitimité de cette histoire dans un contexte social où elle reste souvent marginalisée.

En somme, la série joue sur cette tension entre l’universel et le particulier, le possible et le vécu : les images de draps ouvrent l’imaginaire autour de l’amour entre femmes, tandis que les cartels ancrent ce récit dans une expérience personnelle et affirmée, offrant ainsi une double lecture de l’intimité lesbienne et de son cheminement vers l’acceptation.

Cette série fonctionne comme une « preuve » discrète de l’amour et du désir féminins, rendant visible ce qui, dans une société patriarcale, reste souvent caché ou nié. En ce sens, elle participe à une démarche de réappropriation et de visibilité de l’homosexualité féminine.

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